L'AUTEUR
François Vallet a publié plusieurs livres (C’est merveilleux la vie ! Editions Albin Michel, Les années d'absence, Les feux grégeois, Editions de L'harmattan). Il explore ici côté showbiz le thème qu’il avait entrepris dans le Septième Art (L’image de l’enfant au cinéma, Editions du Cerf) : l’enfant porteur de message.

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LES INTERVENANTS
L'écriture du livre repose
sur la base de documentations,
ainsi que de nombreux entretiens
avec les personnes suivantes,
qu'elles en soient remerciées :
Jean Amoureux,
directeur de la chorale des
Petits Chanteurs d'Asnières,
Jacqueline Herrenschmidt,
François Bernheim,
auteurs-compositeurs
des succès des Poppys
et ex-directeurs artistiques
des Editions Barclay,
Hervé Roy,
arrangeur,
directeur musical
aux Editions Barclay,
Bruno Polius-Victoire,
Thierry Sellier,
Philippe Sellier,
Bernard Carayon,
Pierre Puyhardy,
Poppys
de la première génération,
Jean-Louis Jacquet,
Claude Caspard,
Petits Chanteurs d'Asnières
des années 1950,
Arnaud Babion-Collet,
Petit Chanteur d’Asnières
des années 1980,
Merci à
Gilbert Sellier,
photographe
Léo Missir,
Claude Engel,
François Lhote,
et pour
leur aide et leur soutien :
Michel Carbonnel,
Sylvain Dehurtevent,
Jean-Michel Ravia,
Heinrich Schlüter (Allemagne),
Bernard Fabre,
Greet de Groot (Hollande),
Jean-Daniel Dubois (Suisse),
Jean Barat,
Christian Nicolas,
Geneviève.

E-mail : Cliquez-ici
photographies © Gilbert Sellier
en partenariat
avec |
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publication
EXTRAIT
le cadeau de la parole retrouvée
"Fin septembre 1970, place Jaffeux, le froid-grisaille dispute sa suprématie aux derniers rayons retardataires de l’été. Dans le local de Gennevilliers, tous les gosses de la manécanterie sont présents, alignés en rang d’oignon sur les bancs de bois comme pour les jours de répétition traditionnelle. Les parents, avertis par les enfants, s’entassent dans l’escalier étroit qui grimpe à la salle. Faute de pouvoir se frayer une place, certains d’entre eux restent bloqués devant la porte. On en sait un peu plus sur le projet ; on a expliqué que François Bernheim était un auteur-compositeur, qu’il voulait tenter avec Jean Amoureux un projet de disque. Pour beaucoup de parents, ce sont les retrouvailles de la rentrée entre amis. On rit, on parle haut, on s’interpelle. Tout d’un coup, silence. Pas une mouche n’ose la ramener. François Bernheim est installé. Ses doigts restent agrippés aux cordes de sa guitare sèche. Il ne chante pas, il parle :
Pour tous les enfants de par le monde entier
Dont les pays sont en guerre
Plus souvent qu’en paix…
C’est le récitatif qui ouvre Noël 70. Ce sont les premiers mots d’une rencontre, la déclaration d’une trêve de Noël, le coup d’envoi d’une aventure qui n’est pas terminée aujourd’hui. Ce sont des mots donnés qui tombent dans les oreilles des enfants comme un cadeau de Noël avant la note. Ce cadeau est une parole, la parole des enfants confisquée depuis des lustres poussiéreux, la parole que leur rend un troubadour hippy pop. « Tout n’allait pas de soi, reconnaît François. Nous voulions faire chanter du protest song à des petits Français. C’était à la fois une aventure et une innovation artistique ; jamais rien de la sorte n’avait été tenté. Nous avions beaucoup de scrupules envers les enfants ; nous ne savions pas s’ils allaient comprendre. »
L’émotion est palpable dans le local. Le spectacle annoncé ce samedi après-midi est une passation. Il fallait bien que cette parole soit articulée a cappella, comme l’amorce d’un dialogue retrouvé.
Les explications de François suivent :
« Les voix des choristes entonneront cela :
Noël, Noël, Noël, joyeux Noël.
Ensuite, ce sera au tour de la voix soliste :
Ecoutez-moi bien je n’ai pas dans mes jouets
De radio pirate, de journal de télé. »
Le cadeau se déroule sur les accords de guitare. Les murs de la petite salle résonnent de longs applaudissements.
« L’adhésion a été totale et immédiate de la part des mômes, des parents et de Jean Amoureux bien sûr, note François. Les gens se sont mis à aimer ce répertoire, ce qui dope les gens comme moi. »
© F.V. |
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